Nouvelle-Zélande: fusillades meurtrières dans deux mosquées de Christchurch

0

Quarante-neuf personnes tuées et une vingtaine d’autres blessées, c’est le nouveau bilan fourni par la police après la double attaque sur deux mosquées à Christchurch, dans le sud de la Nouvelle-Zélande. La police a procédé à plusieurs arrestations. Le tireur d’une des mosquées est un « terroriste extrémiste de droite et violent » australien, selon le Premier ministre australien Scott Morrison.

La Nouvelle-Zélande a relevé à « élevé » son niveau d’alerte sécurité alors que le bilan de l’attaque sur deux mosquées à Christchurch, petite ville du sud du pays, s’est alourdi à 49 personnes tuées et une vingtaine d’autres blessées, certaines grièvement, selon la police.

Le bouclage du centre-ville a été levé peu après que la police ait annoncé avoir procédé à quatre arrestations et avoir trouvé des explosifs artisanaux. « Quatre personnes sont en garde à vue, trois hommes et une femme », a déclaré le commissaire, Mike Bush, lors d’une conférence de presse, précisant que des engins explosifs avaient été retrouvés sur des véhicules suspects.

Un suprémaciste blanc australien à l’origine des tirs

Selon le Premier ministre australien, Scott Morrison, l’une des personnes arrêtées, le tireur de l’une des mosquées, est un « terroriste extrémiste de droite, violent » et australien. Il s’agirait de Brenton Tarrant, 28 ans, un suprémaciste blanc, autodidacte, qui affirme agir seul, par réaction aux vagues d’immigration et à l’influence de l’islam, rapporte notre correspondante à Melbourne, Caroline Lafargue. Il a filmé son attaque dans la mosquée Masjid al Noor en direct sur internet pendant dix-sept minutes…

Brenton Tarrant a décidé de mener son attaque en Nouvelle-Zélande pour montrer qu’ « aucun endroit dans le monde n’est sûr » pour les migrants.

Paul Buchanan, expert américain en sécurité et relations internationales, basé en Nouvelle-Zélande, n’est pas surpris par ces attaques, car « les extrémistes de droite sont très visibles et très présents à Christchurch, ils ont mené des agressions contre les minorités régulièrement ces dix dernières années. »

En début d’après-midi, heure locale, au moins deux tireurs avaient ouvert le feu lors de la prière du vendredi dans deux mosquées de la ville de Christchurch. La police bouclait alors le centre-ville, appelant les habitants à rester chez eux et à signaler tout comportement suspect, d’autres assaillants pouvant encore être dans la nature.

Par mesure de précaution, les écoles de la ville ont également été fermées. Et la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées « partout dans le pays ».

« Il est clair que c’est l’un des jours les plus sombres de l’histoire de la Nouvelle-Zélande », déclarait lors d’une conférence de presse la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern. « Beaucoup de ceux qui ont été  touchés par cette fusillade sont sans doute des migrants, peut-être même des réfugiés qui avaient voulu faire de la Nouvelle-Zélande leur nouveau pays, et la Nouvelle-Zélande est leur pays. Ils font partie de nous. Les gens qui ont perpétré cette violence contre nous ne sont pas des nôtres. Ils n’ont aucune place en Nouvelle-Zélande ».

Au moment de la fusillade, la mosquée Masjid al Noor, l’une des cibles et celle où il y a eu le plus de victimes, était remplie de fidèles, dont les membres de l’équipe nationale de cricket du Bangladesh. Un des joueurs a réagi sur Twitter : « L’équipe entière a réussi à échapper » à la fusillade. Les joueurs étaient sur le point de rentrer dans la mosquée quand l’incident a éclaté.

Cette attaque d’une violence inédite représente un tournant historique pour ce petit pays paisible de 4,8 millions d’habitants où l’islam ne serait que la 3e ou 4e religion mais est considéré comme une menace par une minorité.

Rfi

LEAVE A REPLY