L’égoïsme des fondateurs d’écoles privées ruine le système éducatif guinéen

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Depuis le libéralisme économique prôné par le CMRN (comité militaire de redressement national) sous la conduite de Feu Général Président Lansana CONTE, la floraison des établissements d’enseignement privés se passe de tout commentaire.

Une situation quelque part salutaire, mais, fort malheureusement, elle ne contribue pas à la qualification du système éducatif.
L’une des principales raisons de la déliquescence du système éducatif guinéen reste et demeure le bas niveau des formateurs, surtout en connaissances pédagogiques. Et, les écoles privées en sont les plus touchées.

En effet, on ne le dira jamais assez, les enseignants guinéens mènent une vie extrêmement misérable. Pire encore, ils ont un niveau très bas, des pratiques pédagogiques archaïques.
Ceux des écoles privées sont laissés pour compte : sans syndicat, taux horaire insignifiant (moins de 15.000 GNF/heure dans beaucoup d’établissements, manque de formations continues,…).

Pourquoi les fondateurs d’écoles privées ne forment-ils pas leurs personnels (enseignants et encadreurs)?

Selon l’avis de plusieurs responsables d’écoles privées, la raison principale est la suivante : <<quand vous formez un enseignant, tôt ou tard, il quittera votre école pour une autre.>>

Bien qu’étant une réalité, cette posture des responsables d’écoles privées est l’expression d’un égoïsme généralisé. Mais aussi et surtout d’un manque de compétences managériales voire même d’une insouciance notoire pour la qualification du système éducatif guinéen dans sa globalité.

Une entreprise moderne et compétitive ne doit nullement mettre de côté la formation continue de ses employés. Cela y va dans son intérêt et celui de la nation tout entière. Cela favorise même la rétention des travailleurs et la donne une bonne renommée.

Un fondateur d’école privée qui a des formateurs et encadreurs qualifiés n’a pas besoin de <<marcher à quatre pattes >> pour avoir un taux d’admission élevé ou des lauréats afin d’attirer une forte clientèle.

Les fonds colossaux qu’on utilise pour corrompre les cadres véreux du ministère, les surveillants, les délégués, les chefs de centre et les correcteurs pourraient suffire pour former les employés et améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Il est donc imminent que ces fondateurs d’écoles privées prennent conscience pour initier des formations continues à l’intention de leurs employés en connaissances pédagogiques, management, leadership, communication,…tout en améliorant les conditions de vie et de travail de ces derniers.

Ainsi, ils n’auraient à se soucier du départ de tel ou tel employé.
L’homme est en quête perpétuel de bonheur et, il se sédentarisera là où il se sentira mieux à l’aise.

Aboubacar Mandela CAMARA
Sociologue/Enseignant-Chercheur / Consultant en éducation / Activiste, Promoteur et Défenseur du droit à l’éducation

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