L’éducation : vecteur de paix en Guinée! (analyse)

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Notre monde est de nouveau menacé par deux phénomènes grandissants à savoir : la pauvreté (sous-développement) qui touche une grande partie de la planète, précisément l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne et la guerre dont les étincelles se font déjà sentir, notamment en Syrie, au Yémen, en Iraq, en Libye, en RDC ou encore au Mali.

En Guinée, nous ne sommes pas également à l’abri d’une éventuelle guerre civile. Les violences socio-politiques de l’indépendance à nos jours, les conflits intercommunautaires en Moyenne Guinée, en Haute Guinée et en Guinée Forestière ainsi que l’exclusion sociale constatée par endroit en Basse Guinée (cas de Kindia) en sont des signes avant-coureurs.

Ainsi, pour freiner les esprits belliqueux, de nombreux observateurs bien avertis soulignent que l’éducation en serait la solution idoine.

-Qu’appelle-t-on éducation ?

-Quels sont les différents types d’éducation ?

-L’éducation est-elle un vecteur de paix en Guinée ?

En effet, le monde entier est désormais conscient du rôle primordial et prépondérant que l’éducation pourrait jouer afin de nous permettre de construire un monde meilleur, prospère et paisible.
C’est pour cela, on en a fait cas dans la déclaration universelle des droits de l’homme en 1948 (Article 26), la charte africaine des droits de l’homme, les objectifs du développement durable (ODD), les conventions internationales et même dans notre constitution (2010).
La mise en place des institutions comme l’UNESCO et des organisations à dimension mondiale telles ”Global Partnership for Education ” (GPE) et la Campagne Mondiale pour l’Education (CME) en est également illustratrice.

Pour le sociologue français, Émile DURKHEIM, père fondateur de la sociologie de l’éducation, nous pouvons définir l’éducation comme étant <<l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et mentaux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu social auquel il est particulièrement destiné. >>

C’est une sorte de <<devoir >> pour les adultes envers les générations montantes.

Selon les milieux et acteurs sociaux d’éducation, nous pouvons identifier trois types d’éducation à savoir :

1-L’éducation familiale (primaire) : elle est le fondement de l’éducation de base qui est déterminant dans la conduite future de l’individu dans la société et, est transmise par le père, la mère, les frères et soeurs ainsi que les autres membres de la famille élargie (cas africain). Elle implique des règles de conduite morales, des façons d’agir, d’être et de penser.

2-L’éducation scolaire (formelle) : l’école, comme nous avons l’habitude de le dire, a deux missions principales à savoir : la transmission de savoirs (connaissances) et la transmission de savoirs être (la morale).

3-L’éducation sociétale : reçue dans les groupes de pairs, les lieux de culte, les associations et autres instances publiques, elle façonne également l’individu et, est aussi très déterminante dans la vie d’un individu.

A travers un œil objectif (une observation objective), on peut se rendre compte, sans risque de se tromper, que tous ces types d’éducation sont en état de déliquescence très poussée en Guinée.
La perte de l’autorité parentale, le bafouage de l’école guinéenne et la montée de l’incivisme au sein de la société en sont des preuves tangibles.

L’éducation reçue ici et là (famille, école, société) est source de condescendance, de haine envers l’autre, de repli identitaire, bref, d’ethnocentrisme qui affecte l’administration au plus niveau.

Au lieu d’être <<vecteur de paix >>, l’éducation est en phase de produire l’effet contraire.

Il est donc temps d’agir, d’agir vite pour changer la donne en refondant l’éducation à tous les niveaux dans l’intérêt supérieur de la nation tout entière.

En épilogue, partant de ce qui précède, l’éducation peut bel et bien être un vecteur de paix en Guinée, en Afrique et dans le monde.
Cela demanderait une refondation totale tant bien au sein des familles, dans la société et à l’école.
Raison pour laquelle, Nelson Mandela disait : <<l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. >>

Aboubacar Mandela CAMARA
Sociologue / Enseignant-Chercheur /Consultant en éducation / Activiste, Promoteur et Défenseur du droit à l’éducation

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