Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: Un ministère en pleine refondation

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Pendant plus de trois décennies, l’éducation nationale était dans un état de déliquescence ahurissant ; elle était malade, très malade voire moribonde. La corruption, les conduites immorales et la médiocrité l’avaient profondément rongé. Mais, depuis un bon moment (les trois ou quatre dernières années), nous constatons de plus en plus de mobilisations de tous les acteurs (société civile, PTF, syndicats, gouvernement, médias, élèves et parents d’élèves) pour diagnostiquer, informer, sensibiliser, mobiliser et proposer des solutions idoines en vue de sa refondation. Tel est le cas de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique dont les deux derniers ministres (l’actuel, Abdoulaye Yéro BALDE et son prédécesseur, Baïlo TeliwelDIALLO) ont engagé des reformes majeurs, parfois impopulaires, qui commencent à porter des fruits.

S’inspirant de la conférence de presse animée par le ministre, Abdoulaye Yéro BALDE le lundi, 04 Février 2019 à l’Hôtel Kaloum, je situe les avancées à trois niveaux à savoir: la modernisation, la moralisation et la qualification. Parlant de modernisation, nous avons entre autres :

-La mise en place progressive des Conseils d’Administration (CA) dans les institutions d’enseignement supérieur et centres de recherche scientifique ;

-Orientation en ligne des bacheliers ;

-Investissement de 410 milliards de Francs Guinéens dans la construction d’infrastructures et achat d’équipements (université de Labé, UGANC, ISIC de Kountia, ISMG de Boké, université de Kindia, IST de Mamou, ISSMV de Dalaba,ISAV de Faranah, université de N’Zérékoré) ;

-Aménagement des commodités de toutes les institutions : voies d’accès, forages, panneaux solaires, connexion internet, dortoirs pour les étudiants à Labé, Boké et Faranah,… Concernant la moralisation, nous pouvons noter, parmi tant de reformes :

-Recensement biométrique des étudiants et du personnel d’encadrement ;

-Mise en place de plateformes pour la sécurisation des diplômes (perspective) ; etc.

Pour ce qui est de la qualification, nous avons, entre autres :

-Mise en place et opérationnalisation de l’ANAQ (Autorité Nationale d’Assurance Qualité) ;

-Construction ou rénovation de laboratoires à l’UGANC, Dalaba, Faranah et Boké ainsi que des centres de recherche tel le CERFIG (Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de l’UGANC) ;

-Signature des accords de partenariat et de coopération universitaire et technique(Chine, France, Cote d’Ivoire, Russie, Maroc, Tunisie, Egypte, USA, Sénégal, Italie,…) ;

-Mise en place de quatre Fonds à savoir :

1. Fonds pour le soutien des Filles/Femmes de l’enseignement supérieur ;

2.Fonds National de l’enseignement supérieur (perspective) ;

3. Fonds National de Recherche et d’Innovation Technologique (perspective) ;

4.Fonds de soutien aux initiatives des étudiants (perspective).

En épilogue, retenons que les reformes ci-haut citées ne sont nullement exhaustives ; elles représentent, à nos yeux, les réformes majeures et hautement salutaires. Cela ne signifie aucunement que tout est rose dans ce département. Loin s’en faut ! Mais, reconnaître le bienfait est un signe d’encouragement du travailleur. La question est de savoir : le MENA et le Ministère de l’Enseignement et la Formation Professionnelle s’inspireront-ils du département de l’Enseignement Supérieur ?

Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue / Enseignant-Chercheur / Consultant en éducation / Activiste, Promoteur et Défenseur du droit à l’éducation

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